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Le ministre Garneau s’attaque au bruit autour des aéroports

Publié le 29 décembre 2017 à 05h00 | Mis à jour le 29 décembre 2017 à 13h52

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, invite Air Canada à s’engager à élaborer un programme de rénovation afin de doter les quelque 100 aéronefs A320 de sa flotte de déflecteurs d’air permettant de réduire le bruit émis par ces appareils.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Joël-Denis Bellavance
La Presse

(Ottawa) Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, part en croisade contre la pollution sonore dans les grands aéroports du pays. Et comme première étape, il demande à Air Canada de moderniser certains de ses aéronefs les plus bruyants.

Dans une récente lettre qu’il a fait parvenir au président et chef de la direction d’Air Canada, Calin Rovinescu, M. Garneau exhorte la compagnie aérienne à procéder rapidement à la rénovation de sa flotte d’aéronefs A320 de manière à réduire le bruit à proximité des aéroports tels l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau à Montréal ou encore l’aéroport international Lester-B.-Pearson à Toronto.

Le ministre note que les aéronefs de la famille A320 produisent un «gémissement» dû à l’écoulement de l’air dans les cavités des ports d’égalisation des réservoirs de carburant, sous leurs ailes, et qu’il existe déjà sur le marché une solution technologique – une sorte de déflecteur d’air – conçue par le constructeur Airbus.

M. Garneau invite donc Air Canada à s’engager à élaborer un programme de rénovation afin de doter les quelque 100 aéronefs A320 de sa flotte de ces déflecteurs.

«Vous êtes certainement conscient que la question du bruit des aéronefs m’importe beaucoup en tant que ministre des Transports», affirme d’emblée le ministre dans sa lettre au PDG d’Air Canada, signalant au passage que le gouvernement fédéral se penche depuis plusieurs mois sur les mesures qui pourraient être adoptées pour réduire l’incidence du bruit des aéronefs dans l’ensemble du pays, en particulier dans les régions desservies par de grands aéroports.

Selon certaines estimations, ces modifications coûteraient de 17 000 $ à 25 000 $ par appareil à Air Canada et pourraient être menées à bien sur une période de trois ans. La facture totale pour le transporteur pourrait atteindre 2,5 millions pour répondre à la demande du ministre.

«Je comprends les gens qui vivent près des aéroports, des exploitants aériens et des transporteurs aériens. Le bruit des aéronefs est un problème constant pour ces personnes.»

«Bien que des progrès significatifs aient été réalisés pour réduire les effets de l’aviation sur l’environnement et que les aéronefs construits aujourd’hui fassent 75% moins de bruit que ceux construits dans les années 1960, le bruit des aéronefs continue d’être une préoccupation du public, une préoccupation que m’adressent directement, d’un océan à l’autre, les Canadiens», ajoute M. Garneau.

Le ministre des Transports reçoit régulièrement des lettres de gens vivant dans les environs de l’aéroport international de Montréal qui se plaignent du bruit des avions qui circulent dans le ciel de la métropole. Il n’est pas rare non plus que des gens lui envoient des messages directement sur son compte Twitter pour exprimer leurs doléances.

Dans sa lettre, M. Garneau dit espérer qu’Air Canada donne suite à sa requête de son plein gré. «D’autres autorités internationales ont employé divers moyens pour s’attaquer à ce problème. Toutefois, je pense que la meilleure option serait qu’Air Canada et Air Canada Rouge fassent la démarche de leur plein gré», écrit le ministre.

Il a été impossible, hier, d’obtenir les commentaires d’Air Canada.

Demande d’action collective

En septembre 2016, un groupe de Montréalais exaspérés par le bruit des avions – «Les Pollués de Montréal-Trudeau» – a décidé d’intenter une action collective contre Aéroports de Montréal (ADM). Le mois dernier, les membres du regroupement ont obtenu une audition dans l’espoir d’obtenir le feu vert du tribunal pour déposer cette action.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada au lendemain de l’audition de la demande de recours collectif, le président du regroupement, Pierre Lachapelle, a dénoncé l’absence de mesures d’atténuation suffisantes à l’aéroport de Montréal. «Il ne semble pas y avoir de mesures d’atténuation. On demande à la cour de se pencher sur le fait qu’on ne peut plus dormir la nuit. Il n’y a pas de couvre-feu à l’aéroport de Montréal. Des centaines de personnes voient leur sommeil interrompu. C’est une question de santé publique», avait-il notamment affirmé.

L’ancienne députée libérale de Notre-Dame-de-Grâce, Marlene Jennings, a donné son appui aux membres du regroupement, faisant valoir que «la pollution sonore est un fléau à Montréal» qui touche des centaines de milliers de citoyens. Dans un rapport qu’elle avait publié en mars 2011 sur la gestion du bruit aéroportuaire, elle rappelait d’ailleurs que des études menées en Europe par l’Organisation mondiale de la santé démontraient que les personnes exposées à répétition au bruit des vols de nuit couraient plus de risque d’hypertension artérielle et d’accident vasculaire cérébral, entre autres.

Rappelons que l’aéroport de Montréal est ouvert 24 heures sur 24 pour les avions à hélices et les jets de moins de 45 000 kg. Mais les aéronefs de plus de 45 000 kg ne peuvent décoller qu’entre 7h et minuit et ne peuvent atterrir qu’entre 7h et 1h. Toutefois, Aéroports de Montréal a le droit d’accorder des exemptions pour des urgences médicales, des retards indépendants de la volonté du transporteur ou encore des conditions météorologiques adverses.

Il arrive aussi qu’ADM accorde des exemptions à certains avions pour des départs avant 7h ou des arrivées tardives. Mais seuls les aéronefs les moins bruyants peuvent bénéficier d’une telle exemption.